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  • Eric L Mosca

Journal de bord du confinement

Dernière mise à jour : 22 oct. 2020

Musca Domestica Clausa

Journal de bord du confinement

« Les adultes mesurent de 5 à 8 mm de long. Leur thorax est gris, avec quatre lignes noires longitudinales sur le dos. La face ventrale de l’abdomen est grise. Le corps entier est recouvert de soies. Elles ont des yeux composés rouges. Les femelles sont légèrement plus grosses que les mâles. Les pièces buccales de la mouche forment une trompe se terminant par deux coussinets munis de pores, par lesquels la mouche aspire sa nourriture. » — Source Wikipédia

La mouche confinée, se trouva fort dépourvue quand la bise fut une nouvelle fois revenue.

À grand renfort de provisions elle semblait pouvoir tenir un siège. D’ailleurs à ce sujet, elle avait fort chargé le stock de papier pour se garantir un séant des plus convenable.

De ses réseaux elle semblait plus que jamais proche, sentant que cette nouvelle solitude pourrait perdurer. Ils seraient certainement beaucoup à commenter l’actualité de leurs jugements si pertinents.

M’inscrivant dans un courant plus libre de pensée, j’allais souffrir de lire autant d’inepties.

De ceux qui embrassaient à tour de bras leur police il y a quelques années encore, lors de la série d’attentats qui avaient tant marqué nos vies, ceux-là mêmes qui lors des dernières crises sociales se retournaient contre eux et les accablaient de tous les mots pour maintenant acclamer les soignants, ces héros qui seuls avaient le pouvoir de les sauver depuis que la mort commençait à leur gratter le fond du gosier.

Ils s’érigeaient à présent en pourfendeurs des bonnes pratiques citoyennes, montrant du doigt les resquilleurs, s’écharpant pourtant quelques heures plus tard au supermarché du coin pour remplir un chariot de soda.

Pour ma part, j’avais grandement contribué à enrichir les multinationales agro-alimentaires bien avant les prémices du tsunami qui allait nous submerger. Dès les premières vagues Transalpines, j’avais amorcé plusieurs rotations de ravitaillement, qui depuis quelques heures faisaient ma fierté. Ne fallait-il pas rester un maximum confiné pour ne pas propager la mort.

Lors de cette première semaine nous étions bien perdus dans ce que nous n’avions pas anticipé, nous sentant protégés depuis tant d’années et à présent si fragiles et désarmés face à ce qui se préparait.

2.

« La mouche qui veut échapper au piège ne peut être plus en sûreté que sur le piège lui-même. » — Georg Christoph Lichtenberg

La deuxième semaine de confinement ressembla forcément à la première avec en plus le compteur de mauvaises nouvelles qui s’affolait. L’Espagne s’organisait et se préparait-elle aussi au pire. De l’autre côté de l’atlantique, à New York, de grandes remorques frigorifiques étaient à quai dans la cour des hôpitaux, le reste du monde tremblait.

Écrire, voici certainement l’occupation première des écrivains à succès lors de cette mise en quarantaine forcée. Certains inondaient déjà la presse de leurs chroniques plus ou moins de bon ton. Préparer la sortie d’un nouvel ouvrage pour la rentrée littéraire de septembre serait un suicide pour l’auteur qui peine à trouver son public, car les best-sellers allaient se répandre tels le virus. Mais était-ce vraiment la priorité, cette réflexion pourrait paraître bien futile dans une telle période et l’auteur en question aurait-il le loisir de terminer son manuscrit…

Notre Premier ministre annonça la prolongation du confinement pour quinze jours supplémentaires. Cette mesure semblait être calée sur un CDD, comme si nos autorités n’étaient pas certaines d’être présentes pour renouveler le contrat.

Le lot de polémique enflait chaque jour, notre pays étant friand de théories les plus farfelues.

Au fur et à mesure que nous enterrions nos morts, les dossiers sortaient de terre. Pas assez de ceci et pas d’anticipation de cela. Ce pays si réfractaire au changement semblait déjà vouloir faire la peau à tous ces politiques pour ne pas avoir anticipé la chose. Personne ne serait épargné et les plus négligents risquaient eux aussi d’en faire les frais…

3.

« Dans le lait des rêves il tombe toujours une mouche. » — Ramon Gomez de la Serna

Troisième semaine d’enfermement et forcément les esprits sont malmenés. Les nuits sont agitées et nous décidons de ne suivre qu’un seul journal télévisé par jour pour éviter les angoisses supplémentaires.

Je fais un nouveau cauchemar. Des humains à tête de mouche sortent de partout et les rues de Paris sont de nouveau noires de monde. Terminé les boulevards déserts et les chaussées sans véhicule. Ils marchent comme des zombies, la sacoche à la main pour rejoindre l’esplanade de la Défense. Je ne sais plus ce qui m’effraie le plus, leur silhouette de diptère, ou bien de les imaginer en alignement dans les open spaces au centre des tours de verre.

Quand je me réveille, les images sont fortes et je frissonne de terreur pendant que des mouches lumineuses tournoient devant mes yeux. Ces corps flottants entre le cristallin et ma rétine me perturbent tellement que je replonge dans les draps pour deux heures d’un sommeil enfin réparateur.

Une grande enseigne de sport réserve tous ses stocks de masques de plongée de conception très futuriste pour réaliser des protections pour les médecins, ou encore plus fort, pour réaliser des respirateurs de fortune grâce à l’ingénuité d’un Italien et de son imprimante 3d.

Les chaînes d’information qui n’avaient plus que le compteur de mauvaises nouvelles d’enclenché, peuvent enfin repartir sur une nouvelle courbe positive, entre les espoirs de vaccins utopiques et les initiatives personnelles ou collectives parfois tout aussi utopiques. Les fameuses imprimantes 3d, aux quatre coins de l’Europe, crachent des supports de visières ainsi que les embouts pour les fameux masques de plongée, et je comprends enfin pourquoi ma nuit fût tellement tourmentée à force de voir ces faces de mouches tourner en boucle sur mes écrans.

« Voyez-vous […] nous avons à Paris plusieurs catégories de malandrins. Pour nous en garantir, il nous faut recourir à des hommes présentant des qualités particulières. Ces hommes sont des mouchards, comme vous les appelez. » — (Francis Carco, Messieurs les vrais de vrai, Les Éditions de France, Paris, 1927)

Pour terminer la semaine, il nous faut revenir sur un fait marquant et tellement désolant qui semble constituer l’essence même de l’ADN humain. La méchanceté, la lâcheté, tout ce qui peut être décuplé dans les moments les plus difficiles et dont notre histoire regorge d’exemples. La littérature nous conte bien souvent des récits qui nous feraient vomir et sur lesquels tout le monde s’accorde à dire que c’est répugnant.

Mais voilà, l’histoire se répète. Du corbeau délateur, cet être maniant l’art de la découpe de journaux et de l’enveloppe sans expéditeur, n’arrivant pas à se faire du bien dans la simple pratique du scrapbooking, aidé par ses amis les mouchards de tous poils, prêts à dénoncer le voisin qui sort ses chiens dans le parc à la nuit tombée, ou pire, se sentant investi d’une mission citoyenne par l’envoi de quelques injonctions de quitter le quartier, la cage d’escalier, à l’attention de nos super héros du quotidien, infirmières, aides-soignants, médecins, travailleurs de l’ombre et tous les autres bienfaiteurs.

Hé l’ami ! N’oublie pas que demain ce sera peut-être toi qui auras besoin d’eux et que seul il te faudra affronter leur regard bienveillant au moment où le tien commencera à perdre de sa superbe.

4.

La mouche s’assit sur l’essieu du chariot et dit : « Quelle poussière je soulève !… » — Francis BACON (Essais)

Depuis quelques jours, c’est une nouvelle fois le grand carnaval. Le port du masque réservé exclusivement aux services concernés est tout d’un coup au centre de toutes les attentions. Pendant plusieurs semaines, il avait été décidé par les hautes instances qu’il n’était en aucun cas nécessaire pour les badauds.

On comprend rapidement que le problème est tout autre. Les stocks sont proches de zéro. Politiquement, on se cherche des coupables et on trouve toujours dans l’autre, celui d’avant, la raison de la future énième crise sanitaire qui s’annonce.

Fraîchement débarquée de Chine, une cargaison est escortée par le Raid pour rejoindre un entrepôt dont le lieu est tenu secret. Cette démesure semble être à l’image de ce qu’il faut à présent distiller pour rassurer le pékin moyen.

Sur les chaînes d’info, c’est le grand guignol, Mardi gras sept jours sur sept, et finalement c’est bien plus divertissant que les visites d’Ehpad qui nous font tellement mal.

Je me souviens enfant, de ces masques en plastique qui représentaient les super héros Marvel ou autres Disney et qui, une fois en place sur nos bouilles et maintenus par un élastique, rendaient impossible toute respiration et encore pire, sentait de l’intérieur une odeur insupportable. Ils se retrouvaient alors, sur le dessus du crâne, pour pourvoir s’enfiler les crêpes de maman, ce qui constituait le point d’orgue de la fête.

Après trois semaines à rechercher aux quatre coins du pays des masques à oxygène pour aider à respirer, il fallait à présent des masques pour ne plus respirer les possibles particules en suspension. Les couturières du pays furent mobilisées pour assembler des masques, dits « alternatifs », et donc à fort potentiel placebo, pour animer de mille couleurs ce grand carnaval.

Le virus et les parasites de tous poils se jouaient de nous en essayant de nous prendre une nouvelle fois pour ce que nous ne sommes pas.

5.

« La femme se débat comme la mouche dans le petit-lait, personne ne la voit. » — Proverbe Kabyle.

Le confinement (ce mot coupé en deux ne reflète pas la vérité), le confinement disais-je, apporte tout de même son lot de petits bonheurs familiaux. On ressort les boîtes de jeux de société, on cuisine davantage et les sites de recettes en ligne cartonnent. Séance de sport collectif au milieu du salon, certains ados ressortent de leur bunker pour faire le tour du pâté de maison en famille, même si l’activité première reste le visionnage d’écrans en tous genres, l’enfermement n’arrangeant rien à l’affaire. Mais finalement, ce cocoon préserve et sans être à l’écoute des informations il serait bien difficile de croire que la mort frappe le monde aussi terriblement et, comme si un malheur ne suffisait pas, nous découvrons que les violences au sein du foyer sont décuplées. Il nous faut alors avoir une pensée pour toutes ces femmes, obligées de subir un conjoint dérangé et qui n’a pas été mis hors d’état de nuire, sans oublier les gamins, sorte de dommages collatéraux de ces violences.

Je sais que ma proposition risque de faire débat mais c’est, bien entendu, une provocation.

Ne pourrait-on pas mettre toute cette force masculine, toute cette testostérone mal canalisée, au service de la recherche ?

A l’heure d’essais clinique de tous poils pour tester les nombreux vaccins en cours d’élaboration, cette manne de cobayes débordants d’énergie permettrait peut-être de combler les retards.

Plus sérieusement, soyons vigilants, présents, à l’écoute et pour une fois, mouchardons de pour de bonnes raisons. Nous ne pouvons passer sous silence lorsque nous savons. Le doute est salutaire. La troisième ligne du confinement peut aussi sauver des vies en restant à la maison tout en étant à l’écoute des autres, dans l’entraide de voisinage et pour un retour vers la solidarité. Et si nous y arrivons, nous pourrons nous dire que tout cela aura au moins servi à quelque chose. Bienvenue en Utopie…

« Une petite mouche fait péter un bel âne. » — Proverbe Agenais

À chaque apparition du président de la République, c’est toujours la même litanie.

La sienne évidemment, celle de l’espoir et de la fraternité et de toutes les belles actions mises en place par le gouvernement. En même temps, je ne le vois pas nous lâchant l’affaire directement sans un peu de lubrifiant dans le rouage. L’espace d’un instant je l’imagine pétant les plombs à l’antenne : « Ramassis de bon à rien, tas de fainéants, parasites d’allocations, empêcheurs de réformes, peuple d’abruti, bachi-bouzouk, », mais non rien de tout cela ne se produit et j’en reste presque sur ma faim.

Juste après l’allocution viendra la litanie des opposés, des jamais contents, des contres tout, tout le temps. Les révoltés nés ont toujours une revendication en tête et zéro degré d’objectivité. Ces passionnés de la Fake News, du complot à l’ancienne, déjà sur la brèche depuis des années, mais n’ayant pas encore compris que la solution viendrait certainement d’une société civile responsable et engagée. Bienvenue en Utopie II…

6.

Quel est votre secret pour avoir du succès ? - Offrir du bon miel à la bonne mouche au bon moment et au bon endroit. — Salvador Dali

Déconfinement fait penser à déconfiture. C’est définitivement le terme à la mode.

Être dans la marmelade sera peut-être le terme de l’après.

Les plans les plus farfelus sont élaborés par des consultants de tous poils. Des théories les plus absurdes fleurissent tel le muguet. Ce symbole du mois de mai, porte-bonheur qu’il sera si difficile de se procurer. Sans faire de cynisme, les porte-bonheur ça ne fonctionne pas… Sinon les embrassades de nouvel an suivies d’un mois de partage de bons présages auraient fait leur preuve. Je ne vous parle même pas des sessions de ramassage de trèfles à quatre feuilles. Rien n’y fait, et si ça doit vous tomber dessus, vous pouvez être certain que les grigris en tous genres ne changeront rien. Pour les plus croyant, je vous propose de sanctifier votre stock de masques et de gants en plastique pour les prochains mois. Pragmatisme et ésotérisme, tout le monde s’y retrouve !

Je ne voudrais pas non plus faire mon « enculeur de mouche », mais que sait-on de ce virus et de sa capacité à se foutre n’importe où ? Que sait-on du temps qu’il s’est donné pour nous empêcher de respirer normalement, de nous priver de nos terrasses de bistro, de la possibilité de serrer nos anciens dans nos bras ?

Le 28 avril, notre gouvernement place les premières pierres d’une reprise inévitable pour cause de risque de mort économique imminente. Une mort en cache une autre. Rien de ce qui est annoncé n’avait pas été prédit par nos journalistes visionnaires. Les évidences succèdent au bon sens, en sachant pertinemment que ce peuple de latin aura certainement bien du mal à suivre les recommandations.

C’est ainsi, et il semble donc préférable d’appliquer des mesures personnelles drastiques en évitant un maximum de se frotter à tous ces aventuriers du quotidien déjà fort actifs dans leur sorte de prérentrée. Ces impatients risquent de grossir le rang de la deuxième vague de patients et ils pourraient venir à leur tour encombrer les couloirs de nos hôpitaux…

7.

En vain les mouches s’uniront, jamais la jarre elles n’ouvriront — Alain Huetz de Lemps — Proverbe éthiopien.

Réouverture des frontières de nos vies, liberté sans laisser passer.

Après plusieurs semaines d’enfermement le tunnel semble encore long. Ayons une pensé pour tous ceux qui, un jour, ont été privés de liberté dans des conditions moins encadrées, car finalement notre pays nous offre une fois de plus un écrin.

Nous pourrions toujours être tentés de vouloir faire le procès de nos politiques car c’est dans l’ADN de la nation, mais cela ne semble pas beaucoup faire avancer nos idées.

Pour les plus démunis, il ne faut pas les oublier, c’est évidemment plus difficile que pour la majeure partie du pays. Les inégalités perdurent depuis la nuit des temps et les tentatives d’assistance sociale semblent avoir échoué à plusieurs reprises. Mais ce pays maintien sur un fil fragile les aides à l’emploi et nous soigne malgré les erreurs à répétition comme la mauvaise prise de conscience d’un risque de se retrouver dans cette situation en quelques semaines. Pas de soutien depuis tant années envers le personnel soignant. Je ne suis pas un spécialiste des enjeux politiques, je suis tout cela d’un regard inquiet parce que nos vies ne sont plus vraiment en sécurité et que les susceptibilités sont de plus en plus exacerbées.

Une première étape vers la libération est proche. Les congés d’été incertains, les petits plaisirs que nous offre notre pays semblent encore inaccessibles mais la vie devrait reprendre son cours et les semaines d’épreuves seront certainement très vite oubliées.

A quelques jours de cette libération qui fait tant débat, je me plais à rêver de bords de mer, de plages à perte de vue, de l’ouest et du centre, des gorges du Tarn et aussi de la Dordogne. Je rêve de petits marchés en bord de Loire, du bruit du vent dans les arbres, du bruit des gens dans la rue de la halle de Fouras. Et comme tout cela semble à des années-lumière, j’imagine quelque chose de plus simple, de plus accessible, le bar de l’espérance au bout de ma rue…

Le bar de l’espérance, c’est la vie à l’état brut, une plongée dans la réalité qui nous entoure.

C’est le point de retrait des colis du quartier, le carrefour du monde, la vieille France côtoie l’Afrique des Nations, ou les discutions sont parfois âpres autour des débats sur le chômage et des actions des gouvernements successifs. Ce bain de quotidien devrait me replonger doucement dans cette vie d’avant, une sorte de sas, de palier vers les eaux troubles de la promiscuité retrouvée…

8.

…Sachez à présent qu’il ne faut jamais sous-estimer la bête et sa capacité à faire la morte pour mieux redécoller sous votre nez, et n’oubliez jamais que même maladroitement, tout cela ne porte pas à conséquence et que malgré certaines apparences, je n’ai jamais eu l’intention de faire du mal à une congénère… Votre serviteur (Drosophila – Le Lys Bleu Editions)

Avant de m’endormir j’écoute un très beau texte de Vincent Lindon. Je suis forcément piqué par les mots qui m’interpellent directement. Je trouve malgré tout ce texte trop politique et finalement trop personnel pour faire mouche à mes yeux. Cette idée de taxer les plus gros patrimoines avec cette taxe dont le nom proposé ne me séduit pas vraiment, à la "taxe Jean Valjean", je préférerais quelque chose de plus volontaire. Je pense que les grands comptes se grandiraient en sponsorisant notre feuille de Sécurité sociale plutôt qu’en dépensant des millions dans le sport. Un équilibre entre le mécénat culturel et sportif suivi d’une aide aux activités sociales du pays les rendraient plus grands et seraient certainement mieux appréciées.

Je termine par les mots de Michel Houellebecq, et de sa lettre ouverte adressée à France Inter et lu d’une si belle voix par Augustin Trapenard, qui par son pessimisme, et aussi par une forme de lucidité, interpelle notre conscience et semble nous dire que les habitudes sont tenaces et que certainement tout sera comme avant dans cet après.

Cette « aventure » semble toucher à sa fin. Espérons que cela soit vraiment la fin de ce virus et pas des haricots. Personne ne peut dire ce que sera demain et il faudra se préserver en évitant d’écouter ces marchands du temple nous promettant les remèdes les plus farfelus. La mouche est cynique parfois c’est un fait, mais cette forme de réalisme devrait peut-être l’aider à rester en vie un peu plus longtemps…

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